Cup of Beats #39 – « Sur les bords du Styx »

 

« Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme, ce beau matin d’été si doux : au détour d’un sentier, une charogne infâme, sur un lit semé de cailloux ». Baudelaire aurait-il été un aficionados de la techno – ce style de musique à la rythmique saccadée, aux notes sombres et diffusant une atmosphère lugubre ? Certainement. En s’y abandonnant – tout comme quand on inspecte un animal en décomposition – on en perçoit aisément la beauté et les charmes: un univers tout entier s’ouvre à nous. L’échine se courbe, le cœur s’emballe, les BPM augmentent : on lit 125, 130, 135, 140, 145 sur l’analyseur Pioneer. Mais quand est-ce que tout cela va bien s’arrêter ? Jusqu’où doit-on encore se donner ? Telle Alice dans le terrier du lapin blanc, on se sent tomber inexorablement. Mais la chute est belle, et l’atterrissage ne nous fait plus peur : c’est une évasion onirique, un voyage spirituel auquel il faut s’adonner sans résistance.

Par Romain S.