Interview 001 – Zaspéro


NREC : Salut Zaspéro ! On t’a découvert sur la Compilation Vol. 3 de NYMPHONY RECORDS en 2014, et tu as signé sur le label dans la foulée. On est curieux, on se demande d’où vient ton nom !

Z : Zaspéro roi de l’apéro, c’est un coucher de soleil qui me l’a dit.

 

NREC : Et si on faisait un petit portrait chinois pour mieux te connaître ? Si tu étais…

  • Un animal ? Le maki-kata
  • Une sonorité/ un bruit ? Le bruit des graviers quand on marche dessus.
  • Une chanson française ? « Film / Je cherche encore une fille qui voudrait bien de moi ce soir un Quart-d’heure » de Pierre Vassiliu.
  • Un plat ? Pad Thai classic de Thip Samai à Bangkok.
  • Une saison ? Printemps, évidemment.
  • Un proverbe ? « Quand ils auront coupé le dernier arbre, pollué le dernier ruisseau, pêché le dernier poisson, alors ils s’apercevront que l’argent ne se mange pas » proverbe Sioux.
  • Une track ? « La bulle » – Cortex dans l’album « Pourquoi » 1978
  • Un vêtement ? Le Happi, kimono de fête.
  • Une blague ? Monter du fromage de yak en haut de l’Annapurna.
  • Un instrument de musique ? Le Oud
  • Une œuvre d’art ? Baby Cart vol : 2. L’enfant Massacre

 

NREC : Tu as sorti ton premier EP, “Chaleur Vinyl”, il y a maintenant un an : un condensé de house groovy aux accents disco. Comment définirais-tu ton propre style ? Quelles sont tes influences musicales ?

Z : L’inactivité m’angoisse, depuis toujours je fais de la musique car être productif me rassure. Je préfère perdre trois heures de journée ensoleillée à triturer un synthé plutôt qu’allongé sur l’herbe. Je ne suis pas porté par une démarche artistique définie ou trop réfléchie, comme un remède aux crises existentielles, je n’arrête pas d’en faire, pour l’instant c’est dans la house et le hip hop que je m’y retrouve. Il faut que ça m’amuse, la dimension fun est primordiale.

 

NREC : Cette année tu as beaucoup voyagé, en Asie notamment. Tes voyages t’ont-ils inspiré musicalement parlant ? Si oui, comment/ de quelle manière ?

Z : J’ai pu continuer à produire là-bas, heureusement ! Je n’avais que mon ordi, mais ça suffisait largement pour toutes les démos. Du coup, mes voyages m’ont permis d’écouter de nouvelles langues, de nouvelles sonorités, des prières de nombreuses religions différentes et de voir des danses énigmatiques… Ce que j’ai certainement réinjecté d’une manière ou d’une autre dans mes compositions.
Par exemple, « A l’italienne » que j’ai sorti récemment [Winter Session 2016, NDLR] a été composé sur un Slowboat au Laos. J’en avais pour deux jours de traversée sur le Mékong, du coup j’ai largement eu le temps de composer (tant que la batterie tenait évidemment). J’ai eu l’occasion de le faire écouter à des locaux et des touristes sur place, ça les a fait se dandiner. J’étais content.

 

NREC : Le mois prochain, tu sors ton second EP, « Bonsoir », sur le label, que l’on attend avec impatience. Sans tout nous dévoiler pour autant, tu peux nous en dire quelques mots histoire de nous faire patienter d’ici là ?

Z : Ce ne sont que des morceaux faits sur la route, ils me rappellent tous des périodes différentes de mon périple. J’ai composé « Ahlala la vie des fois… » suite à un accident de moto au Vietnam, dans une période rude du voyage.

« Hors contexte » a été mon passe-temps durant 40H de trajet entre Varanasi et Chennai, je l’ai composé en état de transit : fiévreux et somnolent.

Je trouve cet EP cohérent, des morceaux contrastés mais qui se complètent. La nouveauté, c’est que je m’adresse à vous depuis là-bas.

 

NREC : Tu étais étudiant à l’ESEC et on devine que tu t’intéresses au visuel et au format vidéo. Tu penses inclure cette dimension dans ton travail artistique ?

Z : Pour l’instant je n’ai jamais voulu mettre en image ma musique moi-même, je préfère laisser autrui s’en occuper. C’est difficile d’être inspiré visuellement par sa propre musique, mais qui sait, ça viendra peut-être.

 

NREC : D’ailleurs, si l’on parle d’avenir, à quoi rêves-tu ? Y a-t-il des projets que tu aimerais développer dans un futur plus ou moins proche ? Tu as des ambitions particulières quant à la conduite de ta carrière ?
Z : Vie de rêve : musique et cinéma, avoir la tête toujours occupée, quand je ne suis pas sur un plateau, je voyage pour la musique, quand je compose pas un track, j’écris un film d’horreur etc. Etre en activité permanente, partir à l’étranger pour déconnecter. Ce qui est déjà le cas en ce moment, je demande juste à en vivre. Sinon, je compte bientôt me remettre à la réalisation de manière très sérieuse et assidue sur des projets de Nanars épouvantables, ce qui m’excite beaucoup.

 

NREC : On a été témoins de plusieurs performances que tu as réalisées avec Tonte Concept, un autre artiste du label, notamment lors de notre Festival cette année en avril à Grenoble, ou encore à La Belle Électrique ou à la Silent Arty l’année passée. Comment envisages-tu ces performances en duo ?

Z : J’ai trouvé le binôme parfait et ce sur deux plans complètement différents. L’un empli de chansons d’amour et de supermarché débordant de fruits et légumes, Christian & Joseph. Et l’autre aux commandes d’un vaisseau spatial au milieu d’un espace Acid Techno, Ovhal44.
Le maitre mot entre ces deux projets : l’improvisation, qui fait monter la pression par deux et rend le spectacle plus intéressant car rien est préparé à l’avance, tout est à construire. Par cette situation précaire, la fête se déroule réellement dans l’instant présent. On a des retours très enthousiastes… ! On s’amuse bien, on n’a pas peur car on est à deux, ça nous permet de pousser plus loin les prestations scéniques et les idées.

 

Interview réalisée en août 2016